Une clé perdue, et c'est toute une serrure à changer. Un collaborateur qui quitte l'entreprise, et l'on ne sait plus combien de doubles circulent. Une équipe de nettoyage qui passe le soir, un technicien qui intervient une seule journée… Pour une PME, la gestion des clés devient vite un casse-tête et un risque. Le contrôle d'accès électronique répond à ces situations, et il n'est pas réservé aux grandes entreprises.
Ce que change un contrôle d'accès
Le principe : chaque porte équipée est commandée par un lecteur, et chaque personne dispose d'un identifiant (badge, code, empreinte). Le système décide qui peut ouvrir quelle porte, et quand.
- Un badge perdu ? Il est désactivé en quelques clics et remplacé. Aucune serrure à changer.
- Un départ ? Les droits sont retirés le jour même.
- Un prestataire ? Il reçoit un accès limité à certaines portes et à certaines heures, par exemple de 18 h à 20 h pour le nettoyage.
- Un incident ? Le journal des passages indique quelle porte a été ouverte, à quelle heure et avec quel identifiant.
Les moyens d'identification
Les badges et tags sans contact
C'est la solution la plus répandue en entreprise : simple à distribuer, à désactiver et à remplacer, peu coûteuse. Un badge peut prendre la forme d'une carte, d'un porte-clés ou même d'un smartphone. Son point faible : il peut être prêté ou perdu, d'où l'intérêt de pouvoir le révoquer immédiatement.
Les claviers à code
Pratiques pour les accès secondaires, les locaux techniques ou les accès temporaires : pas de badge à distribuer. En revanche, un code se transmet facilement ; il faut le changer régulièrement, et il ne permet pas de savoir précisément qui est entré.
La biométrie
Empreinte digitale ou reconnaissance faciale : l'identification est forte, car elle est liée à la personne. Elle se justifie pour les zones vraiment sensibles (salle serveurs, coffre, stock de grande valeur), mais elle impose des règles strictes en matière de protection des données (voir plus bas).
L'interphonie et la visiophonie
Pour les visiteurs et les livraisons : on identifie la personne, de vive voix ou à l'image, avant de lui ouvrir à distance.
Dans la pratique, ces moyens se combinent : badge pour tous à l'entrée, code ou biométrie en plus pour une salle sensible, visiophone pour l'accueil.
Combien de portes équiper ?
Il n'est pas nécessaire de tout équiper d'un coup. Une PME commence souvent par :
- la porte d'entrée principale ;
- les zones sensibles : local informatique, archives, stock, bureau de direction ;
- éventuellement les accès secondaires : porte de livraison, parking, sortie de secours (en respectant les règles d'évacuation).
Le système peut ensuite être étendu porte par porte, au fil des besoins.
Un contrôle d'accès relié au reste de la sécurité
Le contrôle d'accès prend toute sa valeur lorsqu'il fonctionne avec le reste du dispositif :
- l'alarme se désarme à l'arrivée du premier collaborateur et se réarme au départ du dernier ;
- une caméra filme les passages à une porte sensible ;
- une porte forcée ou restée ouverte déclenche une alerte.
Ce que dit la loi suisse
Un système de contrôle d'accès traite des données personnelles : qui est entré, où et quand. La loi fédérale sur la protection des données (nLPD) s'applique donc.
- Informer le personnel : les collaborateurs doivent savoir quelles données sont enregistrées, dans quel but et pendant combien de temps.
- Un but de sécurité, pas de surveillance : le journal des passages sert à protéger les locaux. Il ne doit pas devenir un outil de contrôle du comportement ou du temps de travail des employés à leur insu ; l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3, art. 26) interdit les systèmes destinés à surveiller le comportement des travailleurs.
- Conserver le moins longtemps possible : les données doivent être effacées dès qu'elles ne sont plus nécessaires.
- La biométrie, cas particulier : les données biométriques qui identifient une personne de manière univoque sont des données sensibles au sens de la nLPD. Le Préposé fédéral à la protection des données (PFPDT) recommande d'éviter leur stockage centralisé et de les conserver de préférence sur un support local, par exemple un badge lu en même temps que l'empreinte. Une empreinte, contrairement à un badge, ne peut pas être remplacée en cas de fuite.
En pratique, pour la plupart des PME, le badge suffit : il offre un bon niveau de sécurité, se gère simplement et pose peu de questions de protection des données. La biométrie se réserve aux quelques portes qui le justifient vraiment.
En résumé
| Besoin | Solution adaptée |
|---|---|
| Accès quotidien des collaborateurs | Badge sans contact |
| Accès ponctuel, local technique | Clavier à code |
| Zone très sensible | Badge + code, ou biométrie stockée sur le badge |
| Visiteurs, livraisons | Interphone ou visiophone |
| Prestataire régulier | Badge limité à certaines portes et heures |
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Cet article donne des informations générales et ne remplace pas un conseil juridique. Sources : Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT), « Traitement des données par l'employeur » et guide relatif aux systèmes de reconnaissance biométrique ; loi fédérale sur la protection des données (nLPD), art. 5 ; ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3), art. 26.



